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30.04.2006

Concepts clés de la Société Japonaise

En cette veille de jour férié, il est intéressant de se pencher sur certains concepts de la société Japonaise.



S'il fallait immédiatement souligner un trait de l'identité japonaise, ce serait la différence. Les Japonais sont différents des autres asiatiques et leur histoire n'a pas d'équivalent. Jamais colonisé, ou alors dès le départ, voilà un peuple qui se distingue à peu près en tout. Il ne pense pas, n'agit pas, ne dirige pas comme les autres. Le Japon a réussi à envahir la moitié de l'Orient et de l'Extrême-Orient en moins de 3 ans et reste le seul peuple du monde à avoir subi une bombe atomique. En moins de 20 ans, après une destruction quasi-totale du pays, le Japon est parvenu à revenir au deuxième rang mondial pour le PNB, mais au premier rang mondial pour le revenu par tête d'habitant.

La grande famille japonaise, c'est-à-dire la structure formelle de tout groupement à caractère social et économique, est aussi représentative. Un patron se voit désigner par le terme oya (parent) et ses employés sont des enfants (ko). Les liens personnels et fortement hiérarchisés vont charpenter la vie sociale. En fonction de sa place dans la hiérarchie, on va tisser une suite de rapports subtils ou grossiers d'obligation. Il en résulte de paradoxes à l'heure de la mondialisation de l'économie, mais surtout une voie originale de consensus entre les différentes parties prenantes. L'emploi à vie fut longtemps une des pierres de l'édifice économique du Japon, a tendance à s'effriter. Le Japon a atteint 3 200 000 chômeurs en juillet 1998. On trouve aussi des traces de paternalisme, elles-mêmes découlant du Japon féodal, qui agrémentent le capitalisme local.

Les institutions traditionnelles sont encore puissantes (fiançailles, mariage, etc.) et elles ont été à l'origine de la création de nouvelles activités, par exemple celles des détectives, qui vont enquêter sur le passé de l'élu(e). Depuis plusieurs années, on a vu se développer de puissantes associations qui défendent, au nom des femmes, les grands principes de la famille.

La soumission à la hiérarchie et au "devoir bien faire ensemble", somme du bouddhisme et du shintô, a entraîné les Japonais sur les voies de l'analogie philosophique plus que sur le terrain de la réflexion. Ce trait n'est d'ailleurs pas spécifiquement japonais, car on peut le relever dans un grand nombre de pays asiatiques.

CONCEPTS CLES DE LA SOCIETE


ON

L'obligation que l'on doit au monde. On est toujours redevable de quelque chose envers quelqu'un. Si l'on vous fait un cadeau, vous devrez en faire un autre de même importance : ce devoir s'appelle le GIRI.

GIRI

Il s'agit d'un réseau d'obligations envers la famille, la société et l'entreprise qui permet au Japonais de garder sa place et de ne pas perdre la face. Sous la féodalité et l'époque Edo, le giri était soumis a des obligations très strictes. Sinon, il devait faire seppuku !

AMAE

C'est le besoin permanent d'amour et d'interdépendance, à la fois recherché et accepté, qui caractériserait la psychologie des Japonais (selon le psychiatre Doi Takeo dans son livre "Le Jeu de l'Indulgence"). Les Japonais seraient d'éternels enfants conservant jusqu'à la mort la nostalgie du sein de la mère, ce qui se traduit par des simulacres de parenté à tous les niveaux de la société japonaise.

NINJÔ

Le ninjô désigne les vrais sentiments. Le caractère irréconciliable du giri et du ninjô constitue souvent le noeud des intrigues du théâtre Kabuki.

HAJI

C'est la honte. Si vous interrogez un Japonais en anglais, la honte immédiate de mal répondre, de ne pas être à la hauteur le submerge. Ce sentiment a surtout été étudié par l'Américaine Ruth Benedict, qui a développé la nippologie. On pourrait la comparer à la notion de péché, à la faute.

SHIBUI

On pourrait le traduire par "l'âpreté du goût". C'est le raffinement derrière les choses qui ont une apparente rudesse ou banalité.


Source: Le Petit Futé Japon (Edition N°2)

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