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31.08.2006
Une jeunesse ultraviolente
Ce soir, un très long article du Monde Diplomatique qui date d'août 1999 (et oui c'est pas d'aujourd'hui), et qui parle de l'explosion de la délinquance chez les jeunes Japonais:
CRIMES atroces, suicides, prostitution : l’explosion de la délinquance chez les jeunes Japonais inquiète l’archipel. Alors que, pour certains, « tout semble fonctionner parfaitement », serait-il possible qu’un sentiment mortifère fonde sur une jeunesse nourrie de jeux vidéo et de séries télévisées ? Mais cette extrême violence ne reflète-t-elle pas plutôt la pression d’une société hyperexigeante, où les repères familiaux ont volé en éclats, où l’argent est la valeur reine - et corruptrice -, et où le système éducatif, extrêmement sélectif, ne tolère aucune faiblesse ?
La jeunesse nippone aurait- elle perdu « les notions fondamentales du bien et du mal et du caractère sacré de la vie » ? C’est ce que se demande le gouvernement japonais à la suite d’une série de violences commises par des adolescents, d’une gravité jusque-là inconnue sur l’archipel.
Premier de ces faits divers spectaculaires impliquant de jeunes adolescents, un crime atroce : à Kobé, en juin 1997, un garçon de quatorze ans assassine deux fillettes, puis un enfant de onze ans, qu’il décapite. Il dépose ensuite la tête de sa jeune victime devant son école. Près de la macabre dépouille, il laisse une lettre étrange dans laquelle il explique se venger d’une société qui l’a « rendu invisible ». L’affaire a un énorme retentissement.
Le 28 janvier 1998, l’opinion publique est de nouveau saisie d’horreur. A Utsunomiya, une ville moyenne située à 100 kilomètres au nord de Tokyo, un garçon de treize ans, ne supportant pas que son professeur d’anglais lui reproche ses fréquents retards, la poignarde mortellement. Cette escalade de violence extrême, gratuite et imprévisible, va reprendre le 10 février 1998. Ce jour- là, à Tottori, une préfecture située à 120 kilomètres au nord-ouest de Kobé, des jumeaux de quatorze ans sortent dans la rue, choisissent au hasard une vieille dame qui a le malheur de passer là et l’assassinent à coups de couteau. Arrêtés sur-le-champ et sans résistance, ils se contentent d’expliquer qu’ « ils n’auront plus à aller à l’école après cela ». Quelque temps plus tard, à Higashi Matsuyama, au nord de Tokyo, un élève de treize ans poignarde brusquement un camarade de classe qui se moquait de lui.
Ce ne sont là que quelques exemples significatifs, parmi des dizaines de faits divers similaires rapportés par les journaux. Mais d’autres types singuliers de violence ont été signalés. M. Katsumi Miya, inspecteur de la section délinquance juvénile à la préfecture de police d’Osaka, s’inquiète du nombre croissant de cas de chasse à l’homme, phénomène connu sous le terme d’ oyaji gari. Des adolescents se regroupent en bande juste pour un soir, parfois sans même se connaître, et s’attaquent à des passants éméchés ou à d’autres proies faciles comme des sans-abri. La police de Tokyo a arrêté récemment une bande de douze garçons, âgés de dix à dix-sept ans, qui avait commis, en cinq mois, trente-six agressions contre des personnes âgées. Les adolescents dépensaient l’argent dérobé - au total, l’équivalent de 50 000 francs - dans des centres de jeux vidéo. Le chef du gang n’avait pas treize ans.
Un autre type de délinquance, particulièrement médiatisé celui-là, n’a cessé de se développer ces derniers temps. Il s’agit de la prostitution de jeunes filles, le plus souvent des lycéennes. Tous les Japonais connaissent l’euphémisme enjo kosai pour désigner ce phénomène. Le soir, dans le Kabuki-cho, le quartier chaud de Shinjuku à Tokyo, se multiplient les affichettes, collées à la va-vite sur des poteaux indicateurs ou dans des cabines téléphoniques, fournissant des numéros de « clubs téléphoniques ». Ces officines - certaines sont clandestines, mais d’autres ont pignon sur rue - mettent le client en relation avec une jeune fille, en lui donnant son numéro de téléphone portable. Les clients, en général des hommes de quarante à soixante ans, salariés, hommes d’affaires, pères de famille, paient de 1 500 à 2 500 francs pour un rendez-vous. Les jeunes filles sont scolarisées, n’ont pas de difficultés sociales particulières et semblent essentiellement motivées par l’argent, avec lequel elles s’offrent des vêtements de marque, des cosmétiques ou encore des accessoires coûteux.
Selon Yomiuri TV, l’une des quatre grandes chaînes de télévision nationales, une lycéenne sur vingt s’est déjà prostituée. La police, pour sa part, ne dispose pas d’étude précise mais on pense que ce phénomène est sous- estimé au Japon et qu’il est en augmentation constante.
Psychiatre à l’hôpital de Yoyogi, dans le centre de Tokyo, le docteur Masao Nakazawa est spécialiste des violences familiales. Il s’avoue sidéré par le nombre de foyers où les enfants battent leurs parents et raconte le cas d’un garçon n’ayant pas réussi, après le collège, à intégrer le lycée de son choix. Comme si sa vie entière était conditionnée par cet échec, l’adolescent a ensuite raté le concours d’entrée à l’université. Sombrant dans la déprime, il a rendu ses parents responsables de ses défaillances et terrorise depuis toute sa famille, la tyrannisant, la battant, la menaçant d’un couteau, etc. La police refuse d’intervenir, arguant qu’il s’agit d’une affaire privée, d’autant plus que le fils se comporte normalement à l’extérieur de chez lui. Un tel drame familial n’est pas un cas isolé. Le docteur Nakazawa affirme en rencontrer tous les jours.
L’école est aussi le lieu d’une violence quotidienne, extrêmement répandue et qu’on appelle ijimé. Littéralement, ce mot signifie « torturer » ( ijiméru), mais on le traduit plus justement par « s’en prendre aux plus faibles ». Dans une classe, un groupe d’élèves se choisit un souffre-douleur et le persécute pendant plusieurs mois parce qu’ « il perturbe l’harmonie du groupe ». Si le harcèlement est surtout psychologique, il n’exclut pas les brutalités physiques. Les professeurs ferment les yeux sur cette pratique cruelle, qui est loin d’être un simple bizutage ou un rite initiatique. D’après une vaste enquête conduite par le ministère de l’éducation en 1997, un tiers des élèves indiquent avoir été ou être victimes d’ ijimé, surtout au collège, où le problème est particulièrement aigu. Le harcèlement devient parfois si grave qu’il conduit certains jeunes au suicide ou, à l’inverse, au meurtre de leurs tortionnaires.
En 1996, 10 575 incidents se sont produits, selon le rapport annuel du ministère de l’éducation sur les problèmes à l’école, soit une augmentation de 20 % sur l’année précédente. En 1997, plus de 1 300 incidents entre élèves et professeurs ont été répertoriés, ce qui représente une hausse de 50 % par rapport à 1996. Ces chiffres rejoignent ceux de la police nationale, qui s’alarme de la progression de la criminalité juvénile. Le nombre des agressions et des crimes particulièrement violents a augmenté de près de 50 % entre 1996 et 1997. La tendance s’est poursuivie en 1998. Autre constat : les filles sont autant impliquées que les garçons.
Plus que la croissance de la délinquance en elle- même, c’est le changement de la nature des crimes et l’âge de leurs auteurs qui préoccupe la société. Les agressions, d’une violence extrême, sont perpétrées par de tout jeunes adolescents, de manière quasi gratuite ou pour des motifs futiles. Un rapport du ministère de l’éducation souligne que « les auteurs [des violences] sont des élèves apparemment normaux. Ces élèves donnent des signes d’avertissement minimes, qui passent inaperçus, comme des réactions disproportionnées à de petites choses ».
Tout cela conduit l’écrivain Kaoru Takamura à s’interroger : « Des changements fondamentaux dans la psychologie des jeunes Japonais se sont-ils produits ces vingt dernières années ? Il n’est pas impossible que la société japonaise soit déréglée alors même que tout semble fonctionner normalement. » Le regain de violence des jeunes traduit-il effectivement un phénomène profond, une perturbation de l’équilibre subtil d’une société très policée et dans l’ensemble plutôt prospère ? On a vite fait d’incriminer télévision, jeux vidéo et mangas, accusés d’exercer une influence malsaine sur la jeunesse. Ce soupçon apparaît indubitablement fondé sur un point : le butterfly knife.
Il s’agit d’un couteau doté d’un double manche orné et d’une forte lame, avec lequel ont été commises la plupart des agressions récentes. La mode du butterfly knife a été lancée grâce à une série télévisée intitulée « Gift » (« cadeau »), où le héros maniait cette arme avec une grande dextérité. Une autre série, « GTO », jouée par un acteur en vogue auprès des adolescents et déclinée aussi en manga, aurait également eu de l’influence. Mais il y a une différence de taille entre porter un couteau et s’en servir pour tuer quelqu’un. Si les jeunes utilisent cette arme, c’est probablement parce qu’on peut s’en procurer une dans n’importe quel magasin pour 100 à 300 francs.
Dans les grands centres de jeux vidéo d’Umeda, à Osaka, d’Akihabara et d’Ikebukuro, à Tokyo, les joueurs ont plutôt entre vingt et trente ans et non entre douze et quinze ans. Entre le bruit assourdissant des machines et le nombre d’heures passées devant un écran n’offrant que des jeux répétitifs, ils sortent abrutis plutôt qu’excités de ces moments de loisirs. « Aucune étude n’a établi de conclusions sur les dangers des jeux vidéo », relève Junichi Seto, un journaliste du Mainichi Shimbun, spécialisé dans la délinquance juvénile. Faut-il vraiment craindre que les jeunes ne fassent pas la différence entre l’image virtuelle sur l’écran et la vie réelle ?
Les causes profondes de cette recrudescence de la violence résident en fait dans la désagrégation de la famille, la crise du système éducatif et les conséquences de la politique de croissance économique à tout prix menée depuis 1945. Après la seconde guerre mondiale, les Japonais ont concentré leur temps et leur énergie au travail et à l’entreprise, délaissant leur vie familiale et communautaire. Les dégâts provoqués dans la société sont patents : les relations humaines se sont considérablement dégradées, dans une culture dominée par l’appartenance à une communauté (à l’inverse de la société occidentale depuis longtemps individualiste) et les valeurs traditionnelles sont peu à peu tombées en désuétude. La jeunesse se retrouve aujourd’hui sans repère.
Une impitoyable obligation de réussite
La famille nucléaire, comportant souvent un enfant unique, a remplacé la famille nombreuse d’autrefois. Dans ce pays sururbanisé, les grands-parents ou les cousins habitent parfois loin et les temps de transport sont trop importants pour que les uns et les autres se rendent souvent visite. L’autre réseau traditionnel de solidarité, le voisinage, est lui aussi en train de disparaître, à cause de l’urbanisation et de la perte des valeurs traditionnelles de la communauté. Jadis, les parents qui s’absentaient avaient coutume de laisser leurs enfants à la garde des voisins. Aujourd’hui, ils les laissent livrés à eux-mêmes.
Les parents - surtout le père, qui représente l’autorité - prennent de moins en moins le temps de s’occuper de leurs enfants. « Les Japonais ont une maison, mais ils n’ont plus de foyer », remarque l’inspecteur Naritada Nishioka, directeur adjoint de la section délinquance juvénile de la police d’Osaka. Par ailleurs, il est de plus en plus difficile, devant les jeunes générations, de se faire l’avocat des valeurs morales alors que tout concourt à en souligner la déliquescence : il suffit de constater les scandales politico-financiers qui secouent le pays depuis dix ans et impliquent les modèles d’autrefois - chefs de grandes entreprises, hommes politiques, hauts fonctionnaires, notamment - ou encore la toute-puissance de l’argent, comme en témoigne le phénomène de la prostitution des lycéennes.
Autant que l’institution familiale, le système éducatif traverse une crise profonde. Longtemps efficace, le modèle d’une école elle aussi instrumentalisée pour la croissance économique au lendemain de la guerre ne fonctionne plus correctement. « L’objectif des jeunes est d’entrer dans le meilleur lycée, pour arriver dans la meilleure université, pour intégrer la meilleure entreprise et bien gagner sa vie, devenir riche, résume le journaliste Junichi Seto. Leur vision est très matérialiste. » La sélection s’opère tôt. Un concours, au terme des trois années de collège, détermine l’avenir des adolescents de quinze ans. Pour entrer dans les grandes entreprises ou la haute fonction publique, il n’y a qu’une voie unique, une demi-douzaine d’universités prestigieuses auxquelles on n’accède que par le biais de lycées réputés, là aussi sur concours.
Pour réussir cette épreuve, les collégiens travaillent d’arrache-pied. Après leurs six heures quotidiennes de cours, une ou deux heures passées au club sportif ou culturel intégré à l’école et quasi obligatoire, les deux tiers des jeunes se rendent dans un juku, un cours privé, deux à quatre fois par semaine. Les parents consentent pour cela à des sacrifices financiers importants. Le redoublement n’est pas permis. « Les professeurs essaient d’aider les mauvais élèves, mais honnêtement on ne peut pas faire grand-chose », admet M. Saeki, le directeur de l’école de Sendai. Les collégiens subissent une telle pression de la part de leurs parents et du système scolaire qu’ils en deviennent souvent violents, ou bien alors ils baissent les bras et refusent d’aller à l’école. Tous les acteurs du système éducatif reconnaissent que ce comportement devient un problème majeur.
Du côté du monde politique, des médias et de la société civile, de nombreuses voix s’élèvent pour appeler à la révision de la loi sur la délinquance juvénile, laquelle, votée sous l’influence américaine il y a cinquante ans, est favorable à la réinsertion des criminels. L’Association des victimes de la délinquance juvénile, née il y a deux ans, demande que la responsabilité pénale soit abaissée de seize à quatorze ans, ainsi que l’intervention d’un procureur dans le procès et l’ouverture des débats au public. La révision de la loi répondrait certes au besoin de justice des victimes et de la population dans son ensemble, mais il est peu probable qu’elle permette d’enrayer la montée de la violence, comme le montre le contre-exemple américain.
Pour le docteur Nakazawa, « ce n’est pas la jeunesse qui se dérègle, ce sont les adultes » : « Regardez l’évolution du pays depuis cinquante ans, regardez la situation aujourd’hui : le gouvernement investit des sommes énormes pour sauver les banques et presque rien dans l’action sociale. »
Cet article est de David Esnault.
Source: http://www.monde-diplomatique.fr/1999/08/ESNAULT/12316
21:20 Publié dans Infos | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Japon, Violence, Jeunesse, Agressions, Prostitution, Délinquance
30.08.2006
Yayoi Kusama
Le travail obsessionnel de cette artiste japonaise, est fondé sur la répétition et la multiplication de signes. Son manifeste : « Ma vie est un pois perdu parmi des millions d'autres pois... ». A partir de 1977, elle demande à travailler et vivre dans un établissement psychiatrique (elle s'y trouve encore aujourd'hui) réputé pour ses thérapies basées sur la pratique artistique, dans le traitement des névroses atypiques.
Pour découvrir ses oeuvres, je vous conseille d'aller visiter son site officiel (en anglais et japonais): http://www.yayoi-kusama.jp/
Source: http://www.inventaire-invention.com/jet-stream/liens/liens.html
Bonne visite!!
19:29 Publié dans Plaisirs des Yeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : kusama, Art, Contemporain, Japon, Artiste, Oeuvres
29.08.2006
Le système scolaire Japonais
A quelques jours de la "grandre" rentrée scolaire, il peut-être intéressant de se pencher sur le système scolaire Japonais. Pour ce faire, je vous propose de découvrir l'étude menée par "Trois Quatorze":
Le système scolaire japonais. Revue de détails et analyses.
Au mois de septembre 98, Trois Quatorze lance auprès de tous ses participants au programme d’une année scolaire à l’étranger, une enquête sur les lycées étrangers. Cette enquête porte sur les structures, les horaires, les relations et les objectifs des différents systèmes éducatifs. L’idée est que chaque jeune nous présente l’école (au sens large) au sein de laquelle il vit et étudie pendant toute une année. Aux informations purement techniques s’ajoutent des commentaires personnels des élèves (différences avec le système français, atouts et complémentarité des enseignements). Après avoir présenté les écoles de Russie, d’Afrique du Sud, d’Allemagne, des États-Unis (N°29) de Suède et de Chine (N°30) puis du Canada, Trois Quatorze lève le voile sur l’école japonaise.
LE JAPON
Une seule participante PIE étudie cette année au Japon. Notre enquête est menée à partir de son témoignage et de celui de certains anciens. Pour compléter l’information, « Trois Quatorze » a également fait appel à Azusa, une jeune Japonaise qui passe actuellement une année en France.
STRUCTURE DES ETUDES
En bien des points, le système scolaire japonais ressemble au système scolaire français. S’il suit le cursus classique, le jeune Japonais entre à l’école primaire - Shagako - à 7 ans et en sort à 13 ans (6 années). Il va ensuite au collège – Chugako – entre 13 et 16 ans, puis au lycée – Kookoo – entre 16 et 18 ans.
L’école japonaise est très sélective. Le tronc commun classique est donc difficile à suivre. « Ici, l’école est un véritable parcours du combattant », nous dit une participante. « Tous les jeunes Japonais n’en viennent pas à bout, loin de là » nous dit une autre. Et d’ajouter : « C’est un peu comme en France. » En cours de route, nombre d’élèves sont en effet réorientés vers des filières professionnelles.
On notera que si, aujourd’hui, une majorité de « kookoo » (lycées) sont mixtes, tous, loin de là, ne le sont pas. Ils restent donc des écoles pour filles et des écoles pour garçons.
Les trois années de lycées (autrement appelées première, deuxième et troisième années) sont ponctuées de nombreux examens : un examen principal à la fin de chaque trimestre, un autre en milieu de trimestre.
Le système de notation est assez particulier ; il s’agit en fait d’un pourcentage (la note globale est calculée sur une base 100) établi à partir de plusieurs critères.
L’esprit de compétition est fort. Il domine l’école japonaise et influence beaucoup les mentalités. « On se bat pour être la meilleure de la classe. » Après chaque examen, les résultats sont affichés dans les classes. Les noms apparaissent en fonction de la note obtenue (de la meilleure à la moins bonne).
LE DIPLÔME
Le « Daigakenyugakehigun » est un diplôme d’entrée à l’université. Non seulement il conclut le long cycle d’études secondaires, mais il oriente éqgalement le cursus universitaire (matière, type d’université et niveau). Il s’agit en fait d’un concours déguisé.
Ce « concours » est déterminant pour la suite des études des jeunes Japonais ; déterminant aussi pour leur avenir professionnel. « J’ai sincèrement l’impression que toute la vie des lycéens japonais est déterminée par une réussite ou un échec à cette épreuve. » On comprend alors qu’à l’image des jeunes Français, les jeunes Japonais semblent obnubilés par cet examen. « Ils n’ont que cela en tête » nous dit une participante. « Beaucoup de collégiens et de lycéens suivent des cours, après l’école, pour être sûrs de réussir le concours et de pouvoir entrer dans les universités ou écoles qui les intéressent. »
RYTHME SCOLAIRE
L’école au Japon débute en avril. Le fait est original. C’est même, à notre connaissance, un cas exceptionnel dans l’hémisphère nord. L’année est divisée en trois trimestres (avril-juillet / septembre-décembre / janvier-mars). Les vacances principales (celles qu’en France nous appelons grandes vacances) séparent le premier et le deuxième trimestre ; elles ont lieu en août et durent un mois environ. D’autres vacances sont programmées entre chaque trimestre, à Noël (15 jours), et à la fin de l’année scolaire (3 semaines). Les Français jugent que cela est trop peu : « Les vacances sont rares, pas plus de deux mois par an, mais heureusement il y a beaucoup de jours fériés et de journées d’école consacrées à des activités extrascolaires (visites et autres…).
Les élèves japonais ont cours du lundi au vendredi, généralement de 8 h 30 à 15 h 30 et deux samedis par mois (le 1er et le 3e, de 8 h 30 à midi). Les cours durent 50 minutes et sont entrecoupés de pauses de cinq minutes. La coupure prévue pour le repas de midi est de 35 minutes. Le rythme, de prime abord, paraît donc supportable. Mais les choses ne sont pas si simples : « Ici on ne peut pas se fier aux horaires officiels, car les élèves ont un tel souci de réussite qu’ils passent leur temps à prendre des cours supplémentaires. » En réalité, les cours commencent souvent plus tôt le matin (« il n’est pas rare que les profs me convoquent à 7 h 30 » dit une participante), et ils s’achèvent plus tard (rarement avant 16 h 30 – « sans compter que beaucoup d’élèves restent en étude »). Les choses se compliquent encore, dans la mesure où beaucoup de journées libres et de week-ends sont consacrés aux devoirs ou aux cours particuliers. » Une participante française note que « certains travaillent pendant les vacances, quelquefois la veille et le jour même de Noël ! »
Le rythme réel est donc très soutenu. D’autant qu’au travail s’ajoute toujours une obligation de résultat ; obligation qui engendre, aux dires de tous nos témoins, une bonne dose de stress et de fatigue.
MATIÈRES
Jusqu’à la fin de la première année de « kookoo », toutes les matières sont obligatoires. Ces matières sont : Japonais, Maths (Analyse et Algèbre), Anglais, Sciences, Sciences sociales (Histoire, Économie, Géographie), Sport et Art.
Au début de la seconde année, l’élève choisit entre deux branches (section scientifique ou section littéraire) mais on ne lui propose quasiment aucune matière à option. Certaines écoles, en revanche, sont plus axées sur les langues, et d’autres plus orientées sur les sciences.
Toutes les matières semblent revêtir la même importance. Si hiérarchie il y a, elle semble « favoriser légèrement le Japonais, les Maths et l’Anglais ».
Les Français apprécient qu’une place importante soit réservée aux arts (aux arts plastiques en général et à la peinture en particulier, à la danse et à la musique). « L’art est une matière à part entière, qui a toute sa place dans l’éducation et la formation du jeune Japonais. »
La place réservée au sport est importante aussi. « Dans mon école, précise une de nos enquêtrices, on peut faire du volley, du badminton, du « Lacrosse », du tir à l’arc, du flipper, du base-ball, du soft-ball, du football, de la gymnastique… ».
RELATIONS ET ATTITUDES
Ici, tradition et discipline sont les maîtres mots. Tout est très hiérarchisé ; les droits des élèves, des professeurs ou du proviseur sont très différents. « Au début et à la fin de chaque cours les élèves doivent une révérence aux professeurs. De même, les élèves et les professeurs font la révérence au proviseur du lycée quand ils croisent. Ce dernier est une personne très respectée. » Une participante prétend que « l’élève n’a aucun droit, sinon celui de venir à l’école et d’être éduqué. On lui demande de porter l’uniforme, d’avoir une coupe de cheveux parfaite, des ongles courts, de ne porter aucun bijou, ni maquillage, un point c’est tout ! » Une autre participante ne voit pas les choses ainsi : « C’est vrai que la discipline est stricte, mais il y a un grand respect entre professeurs et élèves. Je trouve pour ma part que les relations sont beaucoup plus détendues qu’en France, et moins stressantes. » « Les professeurs vous soutiennent, vous épaulent, ils ont un vrai souci par rapport à votre avenir. Je dirais qu’ils agissent plus comme des parents. Ici ils vous protègent. On ne peut absolument pas comparer avec l’attitude des professeurs en France. »
Si l’esprit de compétition « entraîne de grosses rivalités entre les élèves quant aux résultats », il n’en reste pas moins vrai que « l’atmosphère, en classe, est très cordiale, très chaleureuse. » La photo ci-dessus est là pour confirmer ces dires et témoigner du sens de l’accueil des élèves Japonais.
OBJECTIFS
Nos enquêteurs, quand ils évoquent les objectifs de l’école japonaise, s’accordent pour dire qu’ils sont assez proches de ceux de l’école française : « soucis d’acquérir du savoir et des connaissances », de mener à bien les commentaires de texte et les analyses. De l’avis de tous, ces objectifs sont d’ailleurs atteints. Nos participants jugent en effet que le niveau est assez relevé. Mais attention, ce niveau est souvent atteint au détriment de l’équilibre de l’élève (« trop de travail »). Les Français regrettent la place trop importante faite aux cours magistraux (« le professeur parle et les étudiants écoutent »), le manque de réflexion de l’élève, et la « faible autonomie qui lui est laissée ». Ils regrettent en fait, que sur le fond cette école ressemble un peu trop à l’école française. Ils apprécient, par contre, que sur la forme elle diffère vraiment. On parle de « dépaysement », voir même « d’exotisme. » « Chaque école a un code qui régit les tenues vestimentaires et les comportements, c’est plutôt marrant ». « Les « kookoo » sont bien mieux équipés que les lycées français : matériel sportif, instruments de musique, ordinateurs, matériel audiovisuel. »
L’atmosphère est jugée globalement très agréable et l’enseignement dispensé paraît profiter aux étudiants français (« surtout en langue », et « parce qu’on apprend à s’adapter à des univers très différents »).
ANECDOTE
« J’ai été merveilleusement accueillie dans mon école et dans ma classe. Les élèves m’attendaient, mais ne connaissaient pas précisément le moment de mon arrivée. Quand ce moment est venu, j’ai eu droit à de véritables manifestations, on était proche de l’hystérie. »
Source: http://www.piefrance.com/314/articles/33_ecole_japon.html
21:22 Publié dans Cultures et traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Système, Scolaire, Japon, Etude, Ecole, Daigakenyugakehigun
28.08.2006
Le Bondage
Attention, le contenu de cet article peut heurter la sensibilité de certaines personnes...
Le bondage (du verbe anglais to bind, lier) est une pratique érotique qui consiste à contraindre, d'une manière ou d'une autre, son/sa partenaire. Le bondage consiste à contraindre le corps dans sa totalité ou en partie, généralement à l'aide de cordes et de bâillons, mais aussi de bande adhésive, de lanières, de chaînes, ou de tout autre ustensile apte à exercer une emprise sur la ou les partie(s) du corps concernée(s). L'immobilisation complète du partenaire n'est pas nécessairement le but. On parlera ainsi de bondage des bras, des jambes, du torse/des seins, de la taille, et ainsi de suite.
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Cette forme particulière de sexualité est souvent assimilée à tort au sado-masochisme ou au BDSM, alors que ce sont toutes trois des pratiques bien distinctes. La différence fondamentale est que dans le bondage pur, la contrainte en soi est un but, souvent esthétique (mais pas seulement), alors que dans le sado-masochisme ou le BDSM il s'agit généralement d'un simple moyen, d'un outil parmi d'autres. De plus, dans le bondage pur, on ne retrouve pas les notions de dominant/maître, dominé/soumis/esclave, humiliation/servitude, etc., propres au sado-masochisme et au BDSM. Le bondage peut être considéré comme une pratique érotique à part entière, qui se suffit généralement à elle-même.
La notion de BDSM en particulier intègre par définition le bondage comme l'une de ses pratiques. La réciproque n'est pas vraie : le bondage est intrinsèquement indépendant du BDSM et n'a pas besoin de ce dernier pour exister.
Au Japon, la pratique du bondage se décline sous le nom de Shibari ou Kinbaku ; elle fait partie d'une tradition à la fois historique et artistique.
Source: Wikipédia (pour en savoir plus sur l'histoire du Bondage, je vous conseille d'aller lire le dossier consacré à cette "pratique" à cette adresse: http://fr.wikipedia.org/wiki/Bondage)
21:18 Publié dans Cultures et traditions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Bondage, Sexualité, Shibaru, Kinbaku, Japon, Erotique, Cordes
27.08.2006
Chirurgie Esthétique
C'est par hasard que je suis tombé sur un site qui s'amuse a répertiorer les différents artistes de J-POP qui ont eu recours à la chirurgie esthétique...C'est assez surprenant.
(Par contre les commentaires ne sont pas toujours du meilleur goût je trouve, mais ça n'engage bien sûr que moi).
La foire aux monstres a toujours attiré du monde. Le cirque Barnum l'avait bien compris avec ses exhibitions de ménagerie humaine. La femme à barbe, l'enfant-loup, l'homme à deux têtes... Désormais interdite pour cause de dignité humaine, il nous faut trouver un autre exutoire pour étancher notre soif de bizarre et de grotesque. Heureusement, les stars sont là! Et le plus marrant dans tout ça, c'est qu'elles paient pour devenir des monstres!
Il faudra bien vous faire à cette idée : la plupart des artistes japonais se font refaire la tronche régulièrement, sans parler du reste. Ils font la queue dans les couloirs des centres spécialisés en chirurgie esthétique, aussi bien au Japon qu'en Corée du Sud, pour recevoir leur coup de bistouri salutaire. Les opérations sont très nombreuses, espacées dans le temps, pour faire croire à un changement naturel, mais personne n'est dupe, à part les fanatiques... C'est d'ailleurs à ça qu'on reconnaît ces derniers, lorsqu'ils nient et s'énervent devant l'évidence.
Vous avez en stock des photos inédites et crucifiantes de vos idoles avant que Black & Decker ne les métamorphosent? Vous aimez entendre les hurlements des otakus lorsqu'ils découvrent l'atroce réalité sur leur objet de culte? Envoyez-nous vos clichés: jpoptrash@nihon-fr.com
(les 2 photos ci-dessus sont la même personne, Kyoko Hasegawa, avant et après ses opérations).
21:25 Publié dans Cultures et traditions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Chirurgie, Esthétique, Japon, J-POP, Artistes, Opérations
26.08.2006
Blog de la semaine
Ce soir, c'est le Blog de Remka, un illustrateur-graphiste expatrié au Japon, qui va faire l'objet d'un post...Le nom de ce Blog: "Far away from France"...tout un programme.
Seulement au Japon (posté le 17 août 2006)
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L’autre jour je lisais la chronique de Francois Reynaert dans le Nouvel Obs (un des rares hebdos en francais que je trouve sans probleme ici. C’etait ca ou le Figaro), et je tombe sur ceci : “Un moment je me suis meme demande si on ne le cadrait pas toujours de face uniquement pour permettre d’avoir la tenue dont doivent rever tous les officiels en ce moment, le truc qui devant fait costume et finit derriere en un bon dos nu, avec juste des petites bretelles en eponge pour aborber ?“, a propos de Villepin visitant les hospices en costume pendant la canicule. Ce truc existe ici, il est en vente a Donkihotte. Pendant que j’etais dans le coin, j’ai trouve d’autres articles sympathiques.
D’abord des poils postiches, a se coller sur le torse (胸毛 munage). Les Japonais ne sont pas forcement le peuple le plus poilu qui existe (a part quelques exceptions notables), et la pilosite jouit donc ici d’une image particuliere - pas necessairement positive d’ailleurs, si on en juge la tete d’abruti du personnage represente sur le dessin (en katakana, a droite : UN ! WAILDO wild). D’apres ce qui est marque sur le paquet, c’est autocollant, et ca marche aussi pour les bras. C’est magnifique. Je me demande au passage si cette histoire de poils a un lien avec la censure systematique des poils pubiens dans les films porno… Je sens que je ne vais pas en dormir de la nuit.
Si vous vous etes achete les poils pour torse, vous ne pouvez pas passer a cote de cet autre accessoire indispensable : la punch-perm (パンチ パーマ), sorte de premanete frisottee du meilleur gout, qui est un peu au yakuza ce que la banane serait a Fonzie : un indispensable symbole de virilite. On n’en voit plus trop ces temps-ci (quoique vers Kouenji, je croise parfois des types a la coupe evoquant fortement celles des mechants de City Hunter), mais ca doit toujours avoir sont petit succes dans les soirees costumees. Mieux vaut juste ne pas croiser de vrais yakuza avec ca sur la tete, ils pourraient mal le prendre… Il y avait aussi des sortes de t-shirts en latex “seconde peau” avec faux tatouage a motif de carpe…
La prochaine fois je vous parlerais peut-etre de ce que j’appelle les quarts de chaussettes a doigts.
Adresse de cet excellent Blog: http://www.remka.net/blog/
Bonne visite!!
21:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Blog, Remka, Japon, Expatrié, Poils, Torse, Chroniques
25.08.2006
Yoshimura Akira
Né à Tôkyô le 1er mai 1927, il est l'auteur de plus de vingt romans, recueils de nouvelles et essais. Il a reçu le prix Dazai en 1966.
Son oeuvre est assez diverse. Elle ne possède pas une unité évidente comme celle de Ogawa Yoko, par exemple. On remarque néanmoins, à travers ce qui a été publié en français, des thèmes qui reviennent : la faim, la prison, la survie. On y trouve également un certain sens du destin, de l'inexorabilité, la question de savoir si lutter contre ce qui doit advenir a vraiment un sens. Ce n'est pas une oeuvre humoristique. Un grand écrivain.
Naufrages (1982) est un roman intemporel situé dans un village de pêcheurs extrêmement pauvre isolé du monde par la mer et les montagnes. Le livre est écrit du point de vue d'un garçon de neuf ans, Isaku qui, en l'absence de son père parti louer ses services pour plusieurs années dans un village lointain, doit faire vivre le reste de la famille. On suit son apprentissage de la vie (son passage à l'état d'adulte), notamment tout ce qui touche aux cérémonies qui rythment la vie du village, décrites avec beaucoup de détails au début du livre puis, comme les saisons passent mais que les rites restent immuables, mentionnées avec moins de détails, le lecteur étant désormais familier avec elles. La survie du village dépend du naufrage occasionnel de bateaux chargés de marchandises, synonymes de richesses, qui surviennent parfois pendant la saison des tempêtes - d'autant plus que ces naufrages peuvent être un peu aidés. Mais la punition peut également venir de la mer...
La première partie possède peut-être un intérêt plus ethnographique que proprement romanesque (dû aux très nombreuses descriptions des cérémonies, les méthodes de pêche, etc.), mais la deuxième partie est vraiment réussie, avec une montée de tension qui aboutit à une fin très forte.
On peut rapprocher ce livre de Narayama, le livre de Fukazawa Shichirô, adapté au cinéma par Imamura Shohei (1982), ce qui est d'autant plus intéressant que ce même réalisateur a adapté un livre de Yoshimura Akira : Liberté conditionnelle (voir ci-dessous).
Liberté conditionnelle (295 pages, Actes Sud, traduit par Rose-Marie Makino-Fayolle). Un condamné à perpétuité sort de prison après quinze ans grâce à son comportement exemplaire. On découvre peu à peu ce qui l'a conduit à commettre un crime, en même temps que l'on suit ses difficultés d'adaptation. Car le Japon a beaucoup changé pendant sa détention : escalators, inflation, etc. De plus, il a été habitué à ce que l'on décide pour lui : il est tétanisé lorsqu'il doit prendre une décision, si minime soit-elle. Pris en charge par un tuteur qui lui trouve un travail dans un élevage de poulets, il tente de se réinsérer tout en ayant peur que son passé soit connu de ses nouveaux collègues... Pendant des années, il n'avait pensé qu'à une chose : sortir de prison, mais une fois dehors, il ne sait pas trop que faire de sa liberté et il donne l'impression de chercher à se recontruire une cellule à l'image de celle qu'il a habitée pendant si longtemps.
Très bon livre, adapté au cinéma par Imamura Shohei sous le titre L'Anguille (1997, Palme d'Or au Festival de Cannes).
Si l'on est intéressé par l'univers carcéral japonais, on pourra lire également La Lumière du Détroit, de Tsuji Hitonari.
La Jeune Fille suppliciée sur une étagère (1959), suivi de Le Sourire des Pierres (1962) (142 pages, Actes Sud, traduit par Rose-Marie Makino-Fayolle). Il s'agit de deux récits de taille quasiment identiques mais d'intérêts différents. Dans la première nouvelle, une jeune fille d'un milieu pauvre vient de mourir, et c'est elle qui raconte, à la première personne, ce qu'il advient de son corps. Elle perçoit ce qui se passe, de façon à la fois ultra-précise pour certaines sensations qui se trouvent exacerbées (vision, ouïe) et plus floue, en ce qui concerne par exemple le passage du temps. Elle se détache des choses, ne cherche pas vraiment à anticiper les événements, elle se remémore un peu le passé mais pas trop. Le tout écrit avec un style en apesanteur, très doux... Vraiment excellent.
Le récit suivant, Le Sourire des Pierres, paraît en comparaison tenir un peu du complément de programme, pas désagréable en soi mais inférieur à La Jeune Fille. Il est intéressant d'y trouver des échos thématiques avec le premier récit. Eichi, un jeune homme qui vit avec sa soeur, répudiée pour cause de stérilité, rencontre par hasard Sone, un camarade d'enfance. Ce dernier va s'incruster dans leur vie... Sone est-il machiavélique ou bien ses actes sont-ils mal perçus ? Cimetières, pierres bouddhiques sont omniprésents dans l'histoire. Le lecteur verra venir la fin bien avant le pauvre Eichi, qui ne fait pas preuve d'une très grande perspicacité...
- La Guerre des jours lointains (Toi hi no senso, 1978, traduit du Japonais en 2004 par Rose-Marie Makino-Fayolle, Actes Sud, 286 pages).
Ce roman commence juste après la défaite japonaise de 1945. Pour une fois, il nous est donné de suivre le point de vue Japonais.
Les Américains ont gagné, ils arrivent au Japon. Cela donne, au cours du livre, quelques réflexions amusantes par leur décalage avec notre perception d'occidental. Pour ne citer qu'un exemple, les camions des Américains ont leurs phares allumés, même en plein jour. Qu'y voit l'officier Takuya Kiyohara, fraîchement démobilisé ? "On disait que s'ils roulaient dans la journée les phares allumés, c'était pour faire étalage de la richesse de leurs ressources […]" (page 15). On a déjà lu chez Amélie Nothomb (Stupeurs et Tremblements) le décalage qui pouvait exister entre Occidentaux et Japonais, mais on est ici dans un cadre autrement plus sérieux.
Par flash-backs - et avec un sentiment de fatalité dû à notre connaissance de l'Histoire - le lecteur est amené à suivre avec Takuya, qui travaille à la coordination des informations liées à la surveillance aérienne, les petits points sur les écrans radars que sont les B29 lorsqu'ils largueront la Bombe sur Hiroshima à 2000 kilomètres de là : "il venait d'entendre un curieux bruit, comme si l'on déchirait du papier, aussitôt suivi d'un choc étrange qui fit vibrer l'air autour de lui" (page 81) ; il sortira de son bunker pour découvrir la région de Fukuoka ravagée par des bombes incendiaires. La colère monte : "le spectacle horrible auquel il était confronté dépassait de loin tout ce qu'il aurait pu imaginer" (page 73).
Des avions américains sont abattus, des Américains faits prisonniers. Ainsi, pour la première fois, Takuya se trouve en présence de ces ennemis et là, surprise : "Il ne s'attendait pas à ce que la plupart d'entre eux fussent des jeunes gens de vingt ans, auxquels se mêlaient des garçons âgés de tout au plus de dix-sept ou dix-huit ans" (page 54). A peine l'Empereur Hiro-Hito annonce-t-il l'abdication du Japon qu'une décision est prise : la décapitation des prisonniers. Takuya a la "haine" comme on dirait aujourd'hui, d'autant qu'il a appris de la bouche des prisonniers que sur le chemin du retour après leurs missions de bombardements, ils avaient l'habitude d'écouter de la musique de jazz en regardant des photos de femmes dénudées. Takuya se porte volontaire. Mais c'est un crime de guerre qu'il commet ; il va être pourchassé par les forces américaines . Sera-t-il rattrapé, jugé, condamné ?
Le roman aborde l'extrême pauvreté du Japon de l'immédiate après-guerre, la famine qui fait des ravages, et l'humiliation face à l'occupant Américain. Il pose également des questions délicates sur la justice : exécuter des prisonniers est un crime de guerre, mais bombarder aveuglément des dizaines de milliers de civils n'en est-il pas un, si l'on se base sur les lois internationales ? Mais les lois, évidemment, sont appliquées par les vainqueurs, pas par les vaincus (c'est un peu ce que dit, toutes proportions gardées, le narrateur de Braveheart, le film de Mel Gibson : "Historians from England will say I am a liar, but history is written by those who have hanged heroes" - Les historiens d'Angleterre vous diront que je suis un menteur, mais l'Histoire est écrite par ceux qui ont pendu les héros).
On suit également très bien les retournements successifs de l'opinion japonaise quant à ces criminels de guerre, opinion modelée par les journaux au gré des intérêts américains par rapport à la situation géopolitique de la région. De là à souligner toute l'actualité de ce livre, il n'y a qu'un pas.
Sur les bombardements incendiaires américains au Japon, on pourra également lire L'Idiote, de Sakaguchi Ango.
Outre l'Anguille (voir ci-dessus le livre Liberté conditionnelle), deux autres films ont été tirés de son oeuvre :
- Gyoei no mure (1983), film réalisé par un certain Shinji Soomai ;
- Hyôru (1981) film de Shirô Moritani (qui fut l'assistant metteur en scène de Kurosawa sur le tournage de Yojimbo).
Source: http://www.plathey.net/livres/japon/yoshimura.html
21:13 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Akira, Auteur, Ecrivain, Japon, Nouvelles, Essais, Livres
24.08.2006
La mode japonaise: Les Kogals
(Parmi ces jeunes filles, on retrouve aussi les Gal Mama : ce sont des Kogaru, mais elles sont mères). Ces jeunes filles, par un look excentrique et original, entendent défier les règles conventionnelles japonaises. C'est une manière d'exprimer leur ras-le-bol envers une société où la femme reste encore soumise.
Elles sont considérées comme Fashion Victims, leur "bible" pourrait être le magazine EGG, notamment pour les Ganguros. Leur quartier par excellence est Shibuya, plus particulièrement la tour Shibuya 109. Certaines vont jusqu'à faire de la "prostitution de luxe" pour acheter les derniers vêtements à la mode. Pour le reste, leur image est celle d'une fille franche et extravertie.
Niveau look, elles sont attirées par les accessoires pailletés, à fleurs, dans les tons clairs, les platform-shoes, bref tout ce qui peut donner un côté estival...
La plupart de ces jeunes filles pratiquent le Para Para, danse très populaire au Japon : une chorégraphie assez complexe (mais plutôt amusante) est attribuée à chaque chanson, le plus souvent de l'eurobeat.
Pour en savoir plus sur ce sujet, je vous conseille d'aller lire la suite de cet article où vous dévouvrirez les différentes "catégories" qui existent dans l'univers des Kogals.
http://www.madmoizelle.com/page_la-mode-japonaise-kogals_2005-12-03.html
21:15 Publié dans Cultures et traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Kogals, Mode, Japon, Look, Fashion, EGG, Shibuya
23.08.2006
Japon, Les Ombres du Passé
Vendredi dernier (le 18 août), France 5 a diffusé un documentaire sur le Nationalisme au Japon. Ce documentaire a fait grincer quelques dents comme vous pourrez le voir a la fin de cet article...
Au Japon, le courant nationaliste prend de l'ampleur. Des signes inquiétants se multiplient. Négationnisme et révisionnisme font de plus en plus d'adeptes, tandis que le pays semble vouloir étendre sa zone d'influence dans le reste de l'Asie. Enquête au pays du Soleil-Levant.
Dans la dernière version des manuels d'histoire destinés aux élèves de Tokyo, les crimes de guerre perpétrés par les Japonais, comme le massacre de Nankin, ont tout simplement disparu. Il est de bon ton aujourd'hui de célébrer la fierté nationale et de faire table rase du passé. Ainsi, chaque année, le Premier ministre nippon rend hommage officiellement aux victimes de la Seconde Guerre mondiale, et aux criminels de guerre...
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Un mouvement qui inquiète une partie de la population, mais aussi les voisins tels que la Chine et la Corée du Sud. Celle-ci se préoccupe particulièrement du sort de l'île coréenne de Tok-do (Takeshima en japonais) âprement revendiquée aujourd'hui par les Japonais.
Pays pacifiste depuis la fin de la guerre, le Japon n'en possède pas moins le troisième budget militaire du monde et la marine la plus puissante du Pacifique, officiellement "force d'autodéfense". Depuis quelque temps, le gouvernement oeuvre pour modifier l'article 9 de la Constitution qui l'empêche de redevenir un Etat militariste. Une démarche qui, si l'on en croit l'idéologue du parti au pouvoir, aurait pour unique but de redonner au Japon une place à part entière dans la communauté internationale.
Un professeur de maths, renvoyé de son lycée pour être resté assis quarante secondes au moment de l'hymne national, se demande où va son pays : "Si on ne fait rien, ce mouvement nationaliste va définitivement prendre tous les pouvoirs. Ça commence par l'éducation. C'est toujours par là que commencent les dictatures. C'est déjà ce qui s'était passé avant la guerre."
Anne-Laure Fournier
Diffusion : vendredi 18 août 2006 à 18:05 (hertzien et TNT) et 22:30 (câble, satellite et TNT).
Durée : 52'
Auteur : Anthony Dufour
Réalisation : Anthony Dufour et Mathias Lavergne
Production : Hikari Productions
Année : 2006
Inédit
Source: http://www.france5.fr/actu_societe/articles/W00368/344/
Comme je vous le disais en début de post, ce documentaire a provoqué certaines réactions. Selon le site Imedia.biz l'ambassade du Japon aurait essayé (depuis un mois et demi) d'obtenir de France 5 la déprogrammation de ce documentaire (suite à un article paru dans le journal Libération daté du 22 août 2006), alors que ce documentaire de 52 mn avait déjà été diffusé l'hiver dernier sur Arte.
Source: http://www.imedias.biz/television/actualite-france-5-le-japon-a-tente-dobtenir-la-deprogrammation-dun-d-7747.php
21:20 Publié dans Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Documentaire, Japon, Nationalisme, Pression, Ambassade, Armée
22.08.2006
Les Vents Divins
Les pilotes kamikazes qui s'écrasèrent avec leurs appareils chargés de bombes sur les ponts des navires alliés du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale manifestaient leur patriotisme et le culte de leur empereur en allant jusqu'au suicide. Ils étaient persuadés que, en mourant ainsi, ils deviendraient des dieux. Kamikaze signifie "vent divin", en référence aux tempêtes, soulevées, croyait-on, par les "dieux du pays", qui détruisirent, au 13ème siècle, une flotte d'invasion mongole menaçant le Japon.
Dans le code d'honneur du samouraï, la vie d'un combattant appartient à son chef. A la mort de l'empereur Meiji, en 1912, un de ses généraux, le comte Nogi, se suicida avec son épouse, apparemment pour continuer à servir son maître dans la mort, exactement comme il l'avait fait dans la vie.
Source: http://www.chez.com/bujinkanmulhouse/index.html
21:50 Publié dans Cultures et traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Kamikaze, Vent, Divin, Samouraï, Japon, Patriotisme, Suicide

