14.01.2007
Le Chrysanthème et le sabre
Quelle étrangeté ! Un livre commandé au milieu de 1945 par l’Office of War Information, œuvre d’une anthropologue américaine qui n’est jamais allée au Japon et qui interviewe des Japonais immigrés aux Etats-Unis. Un livre qui demeure une référence dont on ne peut se passer sur les Japonais. Il n’est pas anecdotique, il est analytique.
Paru en France en 1987 seulement, il reste un ouvrage de référence parmi les trop peu nombreux livres français sur les Japonais.
L’analyse que Ruth Benedict fait de la société japonaise et des relations sociales entre les Japonais est encore aujourd’hui d’une très grande exactitude. C’est une analyse fine et précise qui de surcroît est très claire.
Le chapitre 6 « Rembourser le dix millième » est l’un des rares livres à expliquer très simplement le système des obligations japonaises et de leurs contreparties : le « On », le « gimu » et le « giri ». Travailler avec des Japonais et vivre au Japon, sont deux dimensions de la vie qui nécessitent de se familiariser avec un système totalement étranger à notre système de valeur occidental ( et éventuellement de le comprendre). Le « cercle des émotions humaines » (chapitre 9) dévoile ce qui pourrait nous sembler être un paradoxe (« aussi est-il doublement surprenant que le code japonais fasse autant de place aux plaisirs des cinq sens » p.204). Sont passés en revue le rituel du bain, l’importance du sommeil (« les Américains ont l’habitude de classer l’acte de dormir parmi les choses que l’on fait pour conserver sa force … les Japonais, eux, dorment pour d’autres raisons. Ils aiment dormir et s’endorment avec plaisir quand rien ne les empêche » p.208.) La nourriture, l’ivresse, les plaisirs érotiques sont également disséqués.
Accessoirement, si vous avez le temps de prendre du recul, l'analyse étant faite en mirroir par rapport à la société américaine (donc pas si éloignée de la nôtre) il est toujours intéressant d'en apprendre un peu plus sur nous-mêmes.
A lire et à relire de toute urgence.
Françoise Menou
Source: http://heureuxquicommeulysse.viabloga.com/news/qui-sont-les-japonais
21:13 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chrysanthème, Sabre, Livre, Japon, Analyse, Japonais, On
29.11.2006
Le chrysanthème
Le chrysanthème est, pour les Japonais, une fleur sacrée qui, en géomancie, est source de rires et de joie. Etre décoré de l'Ordre du Chrysanthème au Japon est le plus grand honneur qui soit.
“Si vous voulez être heureux pour une vie, cultivez des Chrysanthèmes”. (philosophe Chinois)
Le Chrysanthème était cultivé en Chine en temps qu’herbe floral et est décrite dans des textes remontant au XVème siècle avant JC. En fait leurs poteries en disent plus longs que leurs textes. Comme herbe elle était sensée détenir l’énergie de la vie. Les Chinois utilisaient les racines bouillies pour soigner les maux de tête et mangeaient les pétales en salade.
Autour du VIIIème siècle après JC, le Chrysanthème chinois apparut au Japon. Les espèces japonaises de chrysanthèmes ont de jolies mais petites fleurs. Mais l’introduction des espèces chinoises en fit la fleur la plus admirée du Japon, elle devint même le symbole de l’empereur. Le kikumon, symbole du chrysanthème à seize pétales, est le kamon de l'Empereur du Japon depuis le XIIIème siècle, lorsque le Ten'no Gotoba, qui aimait beaucoup cette fleur, l'introduit sur ses vêtements et ses biens. On le trouve entre autres a Yasukuni-jinja, Tokyo et Sanjusangendo, Kyoto. Durant les guerres de dynastie au XIV siècle, chaque guerrier du sud portait un chrysanthème jaune, symbole de courage.
Selon une ancienne légende chinoise, il y a 3000 ans un empereur appris que sur l’île de la libellule dans la mer du soleil levant (Japon) poussait une herbe qui pourrait lui rendre sa jeunesse. Mais comme seulement la jeunesse pouvait la cueillir, il envoya douze jeunes hommes et douze jeunes filles sur l’île. Ils atteignirent l’île après avoir survécu à de fortes tempêtes et un serpent de mer, mais ne trouvèrent ni herbes magique ni habitants sur l’île, ils décidèrent d’y rester. Ils choisirent le chrysanthème comme symbole pour représenter leur nation auprès de la Chine.
Bien sur les Japonais ont une autre version des faits :
Selon eux, à l’aube des temps, il y avait beaucoup de dieux au ciel, tellement que le dieu Izanagi et la déesse Izanami furent envoyés sur terre par un pont de nuages. Une fois sur terre, la déesse créa le dieux des vents, de la montagne, de la mer et bien d’autres, et mourut en créant le dieux du feu. Izanami manquait beaucoup a Izanagi et ainsi il la suivit dans la nuit noire ou elle était partie. A la seule vue de ce lieux vile il s’enfuit mais fut poursuivit par le vieux Hag de la nuit noire. S’échappant de justesse, le dieu Izanagi alla se purifier en prenant un bain dans un fleuve. Lorsqu’il jeta ses vêtements et qu’ils touchèrent le sol ils se changèrent en 12 dieux. Ces bijoux devinrent des fleurs ; un bracelet une iris, un autre un lotus et son collier un chrysanthème.
Outre cette légende, cette fleur, symbole du Japon par excellence fut reprise sur de nombreux blasons et constitua le premier drapeau de la nation. Le Kiku est la reine des fleurs de l’archipel, symbole de paix, de noblesse et de longue vie. Il est intéressant de constater que cette fleur est un symbole positif au Japon et même aux États-Unis et en Australie , où elle symbolise la fête des mère, est liée à la mort en Europe. En Autriche et en Belgique, par exemple, cette fleur n’est pratiquement utilisée que dans les cimetières.
Il y a seulement un endroit au Japon où, selon la légende, le chrysanthème ne pousse pas. Il y a longtemps dans la ville de Himeji, vivait un noble dans un grand château plein de trésors. Il n’avait confiance en personne d’autre que sa servante O-kiku, dont le nom signifie chrysanthème, pour manipuler ou nettoyer ses biens.
Un jour elle découvrit qu’une de ses dix inestimables assiette manquait. Incapable de la retrouver et craignant les foudres de son propriétaire elle se jeta dans un puit. Depuis, chaque nuit, son fantôme revenait compter les assiettes. Ses cris incessants concernant l’assiette manquante firent fuire le noble et le château tomba en ruine. Les habitants de Himeji, ravis par son départ, ont ensuite refusé de faire pousser des chrysanthèmes en l'honneur d'O-kiku.
Le jour du chrysanthème existe au Japon et est aussi appelé le Festival de la joie. Kikuzuki, la lune de chrysanthème, est le 9ème mois lunaire et célèbre l’arrivée des chrysanthèmes.
En automne, beaucoup d’expositions de chrysanthème ont lieue au Japon. On peut parfois y voir les Kiku ningyo, poupées de chrysanthèmes. Ces poupées représentes, à l’échelle 1/1, des personnages traditionnels avec des habits de chrysanthèmes. A Okayama ,cette exposition se tient au jardin Korakuen et au château de Okayama-jo. Ces poupées remportent toujours un franc succès, mais malgré cela cet art se perd. Il ne reste que très peux d’experts en la matière. Ils doivent suivrent un entraînement long et difficile incluant le Dogu-cho (le design de poupée), Ningyo-shi (réalisation de poupée), et Kiku-shi (place les fleurs sur les poupées). Les kikus sont devenues des fleurs indispensables à tout évènement ou décoration d’automne. Lorsque la chute des feuilles arrive, il ne reste que peu de fleurs ; alors les jardiniers se précipitent sur les chrysanthèmes pour colorer les espaces estivaux essoufflés. Ce que les gens ignorent souvent c’est que l’usage de ces fleurs est vieux de plusieurs siècles.
Selon une légende, si vous buvez la rosée du pétale d’un chrysanthème sur lequel quatre lignes du soutra de Kannon ont été écrites, vous vivrez 1000 ans.
Ce n’est pas facile d’écrire aussi petit mais ça vaut le coup d’essayer, non ?
Depuis 1978 cette fleur a été désignée symbole de la ville de SAITAMA et ce pour deux raisons, d’abord le publique la choisie, ensuite cette fleur a toujours très été admirée dans les environs.
Source: http://www.lejapon.org/info/modules.php?name=News&file=article&sid=673
22:31 Publié dans Cultures et traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chrysanthème, Japon, Fleur, Herbe, Kikumon, Empereur

