30.07.2006

Le phénomène Hikikomori

Qu'est-ce que c'est ?

Un phénomène de la société japonaise, voire même un problème de civilisation, qui se caractérise par un retrait social, la réclusion volontaire, et la recherche d'absence totale de communication avec les personnes de son entourage (la famille, l’école, le travail, les gens, la société). Ce retrait de la société aurait tendance à s'accentuer.

Qui sont les Hikikomori ?

Généralement des adolescents ou des adultes qui ont entre 20 et 30 ans.
L'âge moyen des Hikikomori est de 26,7 ans et 77 % d'entre eux sont des hommes.
Ils seraient des centaines de milliers actuellement (cependant cela ne représente que dans le pire des cas - de 1 % de la population totale au Japon qui comprend + de 127 millions d'individus).
Ils sont souvent instruits (43% ayant complété leurs études, 18% ayant obtenu un emploi dans le domaine étudié)
Une étude du gouvernement japonais réalisée en 2002 sur 3.300 anciens "Hikikomori", révèle que 17 % n'étaient plus capables de sortir de chez eux, et que 10 % ne pouvaient même pas quitter leur chambre.
Je n'utilise pas volontairement le mot "syndrome Hikikomori", car ce serait un abus de langage, il est encore trop peu important pour que le corps médical psychiatrique s'occupe de le définir officiellement comme syndrome. Au premier abord il semble proche de ce qu'ils appellent "agoraphobie", mais ce phénomène est bien plus complexe, si on l'étudie plus en profondeur, on se rend compte que cela ne correspond pas du tout. (ce ne sont pas les lieux, les espaces qui sont la cause, mais la société, ce qu'elle impose

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Où sont les Hikikomori ?

L'évolution de ce phénomène est de plus en plus alarmant au Japon, mais il est évident qu'il ne se limite pas à ce pays, il existe dans tous les pays dits "fortement industrialisés", il y en a donc en France. La Corée est aussi assez touchée par celui-ci, certainement aidé par l'habitude que ce pays a de vivre en autarcie.
Ils se cloîtrent chez leurs parents, dans leur chambre, ou bien dans une chambre isolée de leur famille.
Exemple :
Vie de famille bouleversée, M. Okuyama, 56 ans, raconte : "Nous avons été obligés de déménager en mai dernier car il devenait trop dangereux de rester avec lui en raison de la violence de mon fils". Malgré la volonté des parents, la communication est quasi-absente. "J'essaie de le rencontrer une fois par semaine et d'avoir une discussion normale avec lui, mais c'est très difficile. Il ne parle que par insultes et mots inintelligibles", explique son père. "J'ai peur aussi: il est deux fois plus fort que moi".

Pendant combien de temps restent-ils Hikikomori ?

Pendant des mois, parfois des années.
Apparu au Japon à la fin des années 1990, il existe des cas de 12 années d'isolation.

Que font les Hikikomori ?

Ils se réfugient, comme les otaku, dans leurs univers enfantins, virtuels, qu'alimentent Internet, les jeux vidéo, les mangas, les dessins animés, les collections fétichistes; par peur de se confronter à la réalité. Leur existence est organisée autour d'une passion poussée à l'extrème.
Ils essaient de tout faire sans sortir de chez soi, ce qu'Internet leur permet pratiquement à 100%.
Ils refusent d'aller à l'école, au travail, avoir des responsabilités... L'absentéisme à l'école prend au Japon des proportions alarmantes.
Ils sont dans un état dépressif et vivent souvent à l'envers : ils dorment le jour et se réveillent en milieu d'après midi, déjeune dans la soirée, passent la nuit à regarder la télévision et à jouer aux jeux vidéo ou sont connectés sur Internet, puis ils se couchent dans la matinée.
NB : les jeux vidéo, Internet, etc... ne sont que des outils, s'ils n'existaient pas ce serait les livres, la télé, la radio, le courrier, la musique...
Leur sexualité se réduit à fantasmer sur une héroïne de jeux vidéo, une star du cinéma porno ou une idole (chanteuse à la mode).
Certains terrorisent leurs parents, 20 % des hommes ont une attitude violente envers les membres de leur famille, 14 % des femmes des problèmes de nutrition.
Exemple :
Hiroshi Watanabe, 19 ans, Hikikomori de 10 à 14 ans, été emmené par sa mère la nuit et pendant des mois pour jouer au football, car il ne voulait rencontrer personne.
Relativement peu succombent au suicide, car ils sont "emportés" par la cyberculture, très active, encore plus au Japon, bercés par leur petit monde.
Le danger est pour leur santé mentale, cependant l'enfermement n'est qu'un effet, ce n'est pas la cause.

Pourquoi sont-ils devenus Hikikomori ?

Environ 40 % le deviennent sans aucune raison identifiable.
Ils sont victimes du mal de vivre d'une société en récession hantée par un spectre méconnu jusqu'alors : le chomage.
Ils se protègent des changements que subit le pays, ils essaient "d'arrêter le temps", ils ne veulent pas accepter la réalité.
La culture japonaise valorise l'évitement du conflit et encourage les enfants à rester chez leurs parents qui ne pensent même pas à les expulser, ayant les moyens financiers de les entretenir, les protéger...
Plus de 10 millions, soit 50% des japonais de 20 à 34 ans (80 % des filles et 40 % des garçons) vivent encore chez leurs parents. Surnommés les "single parasites", ils n'ont aucune envie de voler de leurs propres ailes et veulent profiter du cocon familial le plus longtemps possible, refusant de sacrifier leur jeunesse aux études ou au travail.
L'immobilisme du système éducatif japonais est aussi responsable, pendant des années ils ont cru que la réussite dans les études est la seule manière de réussir socialement. Ils sont tellement poussés à étudier (mémorisation de données, pas de créativité ni d'initiative personnelle) qu'ils n'ont pas le temps de réfléchir, alors parfois ils arrivent à saturation. Le gouvernement japonais ne fait rien. Pas une classe n'a pas un enfant qui refuse d'aller à l'école. L'autorité la plus présente est celle du professeur, la scolarité est sans joie dans des classes composées de plus de 40 élèves.
L'exemple des pères salaryman, fatigués par le temps est devenu un contre-modèle, toujours absent, absorbé par son travail, il n'est là que pour amener de l'argent. Les mères sont obsédées par le succès de son enfant dans son parcours scolaire. Les parents ont honte et ne savent pas quoi faire, tout comme la plupart des centres de santé. La notion de famille disparait, les parents faisant de moins en moins d'enfant et vivant de moins en moins avec les grands-parents, les oncles etc...
Exemple :
En 2000, un garçon de 17 ans qui vivait reclus chez lui depuis 6 mois après avoir été victime des harcèlements et de brimades à l'école (ijime) a détourné un bus avec un couteau de cuisine et a tué une passagère.
Ou encore Sumiko Fujimori, 62 ans, mère d'un ermite de 37 ans, se souvient : "Il ne pouvait plus supporter son travail. Un jour, je l'ai trouvé assis sur son lit, le regard dans le vide".
Actuellement, la majorité des jeunes rejettent en bloc les traditions, le culte de l'entreprise, la mariage, le système éducatif... Ils perdent tout repère et ne font que consommer, pour cela il leur faut de l'argent, soit les parents suffisent, soit ils ont recours aux "arubaito" (emplois précaires) ou encore à la prostitution (25 % des jeunes japonaises se prostitueraient occasionnellement d'après un sondage du Life Design Institut).

Que faire pour les Hikikomori ?

Il ne faut pas en avoir peur, c'est l'inconnu qui fait peur. Quand on les comprend, on en a moins peur.
Il faut leur redonner confiance dans les gens, pousser les Hikikomori a se rencontrer, car revenus de leur isolement ils n'hésitent pas aujourd'hui à faire leur retour dans la société et à expliquer ouvertement les raisons de leur attitude antisociale.
La famille est la seule entité qui peut exercer encore un certain pouvoir sur l'Hikikomori, avec laquelle il entre facilement en conflit bien entendu.

Comprendre les Hikikomori ?

Rappelez-vous de votre enfance, ces moments passés à jouer seul, dans "votre univers", peut être même enfermé dans votre chambre.
Que faites-vous quand vous partez en vacances ? Si ce n'est fuir la réalité de tous les jours ?
Tout le monde a besoin de s'isoler, d'être seul, c'est nécessaire pour trouver un certain équilibre, mais pas trop longtemps (je pense à un week-end, une semaine tout au plus). Beaucoup d'artistes ont besoin de cela... Pour un couple aussi il est très recommandé d'avoir des moments "à soi".
Restez trop longtemps dans cet état, continuez à vous protéger, être insouciant, et vous deviendrez un Hikikomori.
Comme tout, il faut s'efforcer d'être équilibré, de ne pas tomber dans les extrêmes, regarder la télé pendant 10h d'affilé n'a jamais été bon et ne le sera jamais, tout comme lire pendant 10h, tout comme rester enfermé des semaines chez soi, ou encore boire 50 cafés par jour. N'accusez-pas Internet, les jeux vidéo, les mangas, la télévision, le café, ils n'y sont pour rien.


Source de cet excellent dossier: http://antithesis.club.fr/index.htm

26.06.2006

OTAKU

Otaku (おたく en hiragana, オタク en katakana, ou お宅 en faisant usage du kanji) est un terme japonais composé de la préposition honorifique « o » (お) et du substantif « taku » (宅) signifiant maison, demeure, le chez-soi. Originairement, cette expression n'avait pas le sens qu'on peut lui connaître maintenant : otaku, en japonais, c'est « votre maison », et donc par extension, une façon polie de vouvoyer son interlocuteur. Il semblerait que cette tournure ait été très prisée parmi les amateurs d'animation et de manga, et par extension, que le sens du terme ait évolué pour désigner aujourd'hui toute personne se consacrant à un hobby, le plus souvent fait en intérieur — le terme a par la suite acquis une connotation péjorative. Il désigne aujourd'hui (du moins en français) une personne qui se replie sur elle-même et ne vit plus que pour une passion : poupée, culte d'une « idole » (une jeune chanteuse par exemple), ordinateur (nerd), jeu vidéo (hardcore gamer), etc.

Notons qu'en japonais, la graphie permet de distinguer les deux emplois : お宅 (otaku), c'est « chez vous », alors que オタク(otaku), c'est le passionné monomaniaque dont il est question dans cet article. Bon nombre de personnes âgées, au Japon, ne connaissent d'ailleurs que le premier sens.

Cette nouvelle signification est donc très proche du sens premier du mot, c'est-à-dire « une personne qui reste chez elle et qui ne sort pas », qui vit en ermite.

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Il faut toutefois noter qu'un terme plus récent commence à s'imposer préférentiellement pour décrire une personne qui reste cloîtrée chez elle, celui d'Hikikomori. Le terme otaku reste largement usité mais il semble aujourd'hui décrire plus un individu certes enfermé dans une passion exclusive qu'il place en rempart face à une société qu'il refuse, mais sans pour autant le caractériser comme enfermé chez lui et coupé de toute relation sociale.

En effet, le développement des nouveaux moyens de communication a contribué à développer une véritable communauté otaku qu'il est fréquent de voir se réunir physiquement au sein de clubs ou d'associations, voire organiser des manifestations de promotion de leur passion. Ces groupes sont d'ailleurs devenus de véritables acteurs économiques au poids considérable.

Au départ, l'otaku était considéré par les Japonais comme un inadapté. Depuis la création du Studio Gainax (Evangelion...), composé exclusivement d'otakus, ce point de vue tend à évoluer. Ce studio a d'ailleurs réalisé deux OAVs ayant pour héros des otakus : Otaku no Video, suivi de More Otaku no Video. Plus récemment, Genshiken ainsi que Otakus in Love et Densha Otoko abordaient également le sujet.


Source: Wikipédia