14.01.2007
Le Chrysanthème et le sabre
Quelle étrangeté ! Un livre commandé au milieu de 1945 par l’Office of War Information, œuvre d’une anthropologue américaine qui n’est jamais allée au Japon et qui interviewe des Japonais immigrés aux Etats-Unis. Un livre qui demeure une référence dont on ne peut se passer sur les Japonais. Il n’est pas anecdotique, il est analytique.
Paru en France en 1987 seulement, il reste un ouvrage de référence parmi les trop peu nombreux livres français sur les Japonais.
L’analyse que Ruth Benedict fait de la société japonaise et des relations sociales entre les Japonais est encore aujourd’hui d’une très grande exactitude. C’est une analyse fine et précise qui de surcroît est très claire.
Le chapitre 6 « Rembourser le dix millième » est l’un des rares livres à expliquer très simplement le système des obligations japonaises et de leurs contreparties : le « On », le « gimu » et le « giri ». Travailler avec des Japonais et vivre au Japon, sont deux dimensions de la vie qui nécessitent de se familiariser avec un système totalement étranger à notre système de valeur occidental ( et éventuellement de le comprendre). Le « cercle des émotions humaines » (chapitre 9) dévoile ce qui pourrait nous sembler être un paradoxe (« aussi est-il doublement surprenant que le code japonais fasse autant de place aux plaisirs des cinq sens » p.204). Sont passés en revue le rituel du bain, l’importance du sommeil (« les Américains ont l’habitude de classer l’acte de dormir parmi les choses que l’on fait pour conserver sa force … les Japonais, eux, dorment pour d’autres raisons. Ils aiment dormir et s’endorment avec plaisir quand rien ne les empêche » p.208.) La nourriture, l’ivresse, les plaisirs érotiques sont également disséqués.
Accessoirement, si vous avez le temps de prendre du recul, l'analyse étant faite en mirroir par rapport à la société américaine (donc pas si éloignée de la nôtre) il est toujours intéressant d'en apprendre un peu plus sur nous-mêmes.
A lire et à relire de toute urgence.
Françoise Menou
Source: http://heureuxquicommeulysse.viabloga.com/news/qui-sont-les-japonais
21:13 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chrysanthème, Sabre, Livre, Japon, Analyse, Japonais, On
22.11.2006
Le Kojiki
Il y a 2 jours, je vous parlais du Shintoïsme, et dans l'article, je mentionnais le Kojiki...mais kezako?
Le Kojiki est le premier texte écrit en japonais; il est composé de trois livres:
* le premier décrit les diverses générations de dieux,
* les deux autres comportent les généalogies des empereurs mais aussi des scènes de leur vie.
Les divinités shinto sont originellement trois dieux du Ciel:
* Ama no minaki nushi,
* Takami-musuhi,
* Kami-musuhi.
Ils ont de nombreux enfants, mais particulièrement deux très "actifs", Izanaki et Izanami, qui créent les îles, les montagnes, les fleuves, puis plus tard:
* Amaterasu, déesse du Soleil, particulièrement vénérée,
* Tsuki-yomi, dieu de la Lune,
* Susanoo, dieu de la Mer,
qui se partagent le monde mais non sans lutte de pouvoir. Leurs enfants poursuivent les démêlés, et ainsi de suite, jusqu'à l'arrivée du premier empereur, Jimmu-tenno, au 4ème siècle avant J-C.
(Un autre texte a été publié après le Kojiki, appelé Nihongi ou Nihon shoki ("Chroniques du Japon"), qui reprend à peu près les mêmes scènes, mais qui parle pour la première fois de la Chine).
Source: http://perso.orange.fr/revue.shakti/txtshint.htm
Et pour lire en ligne le Kojiki traduit:
http://japonline.free.fr/Encyclopedie-Histoire-Kojiki001.htm
21:17 Publié dans Cultures et traditions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Kojiki, Japon, Texte, Livre, Dieux, Nihongi, Empereurs
17.09.2006
Sexualité et Erotisme à travers les Mangas
L'érotisme et la sexualité, dans toute ses formes, existent au Japon depuis le moyen-âge. Au XVIIIe siècle, les estampes d'Hokusaï figuraient de nombreuses scènes érotiques, pour ne pas dire pornographiques.
Après la seconde guerre mondiale, le gouvernement a proposé certaines mesures morales pour combattre la prostitution, qui avait fait son apparition avec les troupes américaines basées au Japon.
Ainsi ce créa le Junketsu (chasteté) et le kyoiku (morale). Cette nouvelle morale, enseignée dans les écoles, mettait l'accent sur la virginité. Ce programme fut violemment critiqué par les féministes des années soixante qui y voyaient une discrimination, les filles seules étant tenues à la virginité.Dés lors l'éducation sexuelle est laissé à l'appréciation des instituteurs.
Une enquête menée en 1981 sur les attitudes sexuelles des jeunes révélait que 18,7% des lycéens et des étudiants avaient déjà eu une expérience sexuelle, contre 15,1% en 1974. Chez les filles, on est passé de 6,6% en 1974 à 13,4 en 1981.
![]()
Les Japonais ignorent le tabou judéo-chrétien du péché de chair, mais la morale confucéenne a introduit un sentiment de honte et d'impureté sur le sexe et l'appât du gain, relégués au plus bas des valeurs morales.
Les Japonais qui commettent un adultère craignent plus l'image qu'ils donnent d'eux qu'un simple sentiment de culpabilité. Mais ce contrôle social qu'exerce le confucianisme sur le peuple risque fort de disparaître avec la surinformation sexuelle diffusée par les médias et notamment les mangas.
L'érotisme dans les mangas se décline de plusieurs manières. Dans les Shõjo mangas (pour filles) l'érotisme est montré de manière kawai¸ c'est-à-dire mignon: les scènes sexuelles sont plus suggérées que montrées, avec les mêmes motifs récurrents tels les yeux baignés de larmes, des guirlandes de fleurs, les petits coeurs...
Par contre dans les mangas destinés aux hommes, les scènes peuvent être tantôt soft tantôt d'une brutalité bestiale. Dans les publications moins suggestives, tels les BD pour les jeunes adolescents, les personnages apparaissent nus dans toutes sortes de situations et les corps sont généralement privés de sexe.
La position japonaise à l'égard des organes génitaux peut paraître paradoxale. En effet, si les scènes sexuelles peuvent paraître crues avec en prime des viols d'adolescentes (voir infra), il est interdit de montrer des organes sexuels en action et également les poils pubiens (les Japonais ne les considérant pas très érotiques). Les dessinateurs ont appris à contourner ces censures en substituant la suggestion à la représentation directe, avec des métaphores et autres artifices. De même, ils ont développé une technique particulière, grâce au fait qu'ils dessinent toujours en noir et blanc, qui se base sur les différents tons de ces couleurs. Ainsi, on peut voir des phallus qui apparaissent en silhouette (en noir ou en blanc), ou une montagne en forme de sexe qui soulève la femme lors de la jouissance, ou encore des monstres agitant leurs tentacules suggestives... Par contre d'autres métaphores sont plus spécifiques à la culture nipponne et sont difficilement compréhensibles pour un Occidental, comme le saignement du nez qui signifie une excitation sexuelle.
Mais ce qui vaut pour les mangas distribués par les réseaux officiels ne l'est pas du tout pour les dõnjinshis où la pornographie, sans censure, est légion.
Les mangas pornographiques aiment jouer sur les fantasmes sexuels et les dessinateurs ne reculent devant rien: viols, inceste, acte de sodomie se succèdent dans une atmosphère d'ultra violence.
Dans les quartiers chauds, il existe des distributeurs automatiques qui permettent aux intéressés de s'approvisionner 24 heures sur 24. Dans un tel contexte, il est logique que toutes les firmes de production tentent de se positionner dans le marché.
La plupart des lecteurs de ces mangas pornographiques sont des hommes d'affaires, qui pour fuir leurs soucis quotidiens, s'installent dans un des nombreux comics cafés le temps d'une lecture. Pourtant les lecteurs n'ont pas l'air spécialement excité d'un point de vue sexuel, l'ambiance est même plutôt studieuse.
Chaque semaine voit apparaître une vingtaine de titres de mangas pour adultes. De nombreux clients étrangers manifestent beaucoup d'intérêt pour les mangas pornographiques; Mandarake, une grande librairie spécialisée, livre dans le monde entier. Un exemplaire rare peut se vendre jusqu'à trois mille dollars.
Anime vend les adaptations des mangas porno en K7 vidéo, là aussi de nombreux clients sont étrangers. Visiblement les fantasmes insolites des mangas ne séduisent pas que les lecteurs japonais, mais sans doute pas pour les mêmes raisons.
Par ailleurs, les dessins et les histoires sont le plus irréel possible, ainsi on évite le passage à l'acte, le désir d'imitation est exclu. Mais comme pour la violence, l'affaire Tsutomu Myazaki a jeté un froid sur la théorie qui exclut toute imitation de la part des lecteurs.
Cet excellent article provient de: http://www.chez.com/japmanga/societe/erotismesexualite4/index.html
21:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Erotisme, Sexualité, Japon, Manga, Kawai, Pornographie, Livre
13.09.2006
Le Régime Okinawa
A 70 ans, vous n'êtes qu'un enfant, à 80 vous êtes à peine un adolescent, et à 90, si les ancêtres vous invitent à les rejoindre au paradis, demandez leur d'attendre jusqu'à 100 ans, âge auquel vous reconsidèrerez la question”. Telle est l’inscription gravée sur le rocher d’une petite plage d’Okinawa…
L’étude des centenaires d’Okinawa
Okinawa est une petite île japonaise qui fait de plus en plus parler d’elle. Et pour cause : elle détient le record mondial de longévité, avec près de 3 fois plus de centenaires qu’en France (33 centenaires pour 100 000 habitants, contre 11 en France). Surpoids, cancers, ostéoporose, attaques cérébrales, maladies cardiaque : toutes ces maladies qui déciment nos populations occidentales sont beaucoup moins fréquentes sur cette île de 1,27 millions d’habitants, située dans l’archipel des Ryukyu, entre le Japon et Taïwan.
![]()
Un fait qui n’a, bien sûr, pas manqué de titiller la curiosité des scientifiques, lesquels se sont intéressés de prés au « cas Okinawa ». Dans le cadre de la vaste « Etude des centenaires d’Okinawa » (Okinawa Centenarian Study) initiée en 1976 et financée par le Ministère de la Santé du Japon, des centaines d’habitants d’Okinawa furent examinés à l’âge de 70, 80, 90, 100 ans. Conclusion : cette bonne santé et cette longévité ne découle pas d’un patrimoine génétique spécifique, mais bien d’un style de vie sain - et notamment une alimentation saine.
Les 10 principes de l’alimentation d’Okinawa
« Le gros problème de notre alimentation se résume globalement à ceci : elle n’est pas adaptée à nos besoins, ne tient pas compte de notre peu d’activité physique, de nos habitudes de vie » expliquent Anne Dufour et Laurence Wittner dans leur ouvrage « Le régime Okinawa » (Ed. Leducs). Les habitants d’Okinawa – les anciennes générations tout du moins – ont su préserver une alimentation adaptée à leur mode de vie et activité, tout en sachant puiser dans les richesses de la nature. En voici résumés les grands principes.
1. Ne jamais manger plus que sa faim, voire même un peu moins
Le « hara hachi bu », consistant à ne s’alimenter que jusqu’à 80%, est une véritable habitude culturelle à Okinawa.
2. Consommer des aliments peu caloriques, mais riches en vitamines et minéraux
Les habitants d’Okinawa consomment des aliments à densité calorique (quantité de calories dans 100g d’aliment) basse (75 à 150 cal/100g) ou très basse (moins de 75 cal/100g).Soit :
- pour les céréales et féculents : riz, pâtes, semoule, maïs doux, patate douce, pomme de terre (vapeur ou à l’eau)
- légumes : tous, avec une mention spéciale pour le concombre
- fruits : tous, à l’exception des fruits séchés (raisin, abricot, figue, datte…) et des fruits oléagineux (noix, noisette, pistache, pignon, cacahuète…)
- poissons et coquillages : les poissons maigres, coquillages et crustacées
- produits d’origine animale : volaille (sans la peau), œuf, cheval, steak haché à 5% de MG
- fromages et desserts : salade de fruits, compote maison, yaourt nature, fromage très frais
3. 7 portions de fruits et légumes par jour
Les fruits et légumes ont tout bon ! Pour peu de calorie, ils nous apportent beaucoup : vitamines, minéraux, antioxydant, fibres, eau, mais aussi effet de satiété.
4. 7 portions de céréales complètes et/ou de légumes secs par jour + 2 plats à base de soja
Riches en sucres lents, vitamines, fibres et protéines, les céréales complètes sont très intéressantes nutritionnellement, à l’inverse de leur version raffinée (pâtes blanches, riz blanc, pain blanc,…)
5. Beaucoup d’épices, d’herbes et d’algues
Outre leur saveur, les herbes apportent vitamines et minéraux. Les épices ont quant à elles des vertus antibactériennes et préviennent l’oxydation du mauvais cholestérol. Enfin, les algues regorgent de minéraux, de fibres, de vitamines et d’antioxydants et sont de véritables anticholestérols naturels.
6. Du poisson 3 fois par semaine
Le poisson est le principal aliment d’origine animal de l’alimentation d’Okinawa. Il est choisi de préférence maigre et consommé cru - le fameux sashimi - poché ou grillé.
7. Très peu d’autres produits d’origine animale (viande, produits laitiers)
Les habitants d’Okinawa mangent en moyenne 18 moins de viande et 3 fois moins de produits laitiers que les occidentaux. Aux protéines animales, ils privilégient les protéines végétales, doublement gagnantes : elles sont vierges de mauvaise graisse et renferment différentes substances spécifiques au règne végétal et bénéfiques à notre santé : tanins, polyphénols, phytostérols…
8. Très peu d’alcool
9. Très peu de sucre et de sel
La tradition du dessert n’existe pour ainsi dire pas à Okinawa, et les produits préparés industriellement - gâteaux, bonbons,… - sont encore rares sur l’île. Les insulaires consomment donc près de 3 fois moins de sucres que nous, occidentaux. L’usage des épices, des herbes et des algues permet d’assaisonner les plats, et donc de se passer de sel.
10. Boire beaucoup d’eau et de thé
L’eau est la seule boisson indispensable au corps ; en outre, elle permet de drainer les déchets de notre organisme et de l’hydrater de l’intérieur. En prime, elle nous coupe l’appétit…
A vous de mettre en pratique ces principes !
Pour en savoir plus : « Le Régimes Okinawa », Anne Dufour et Laurence Wittner, Editions Leducs, 2005
Source: http://sante-az.aufeminin.com/w/sante/s442/nutrition/regime-okinawa/2.html
21:12 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Régime, Okinawa, Japon, Livre, Longévité, Centenaires, Nutrition
03.09.2006
101 inventions japonaises inutiles et farfelues
Ouvrage aussi incongru qu'humoristique, 101 Inventions japonaises inutiles et farfelues présente l'art nippon du chindogu, soit "l'art d'inventer et de fabriquer des outils et accessoires bizarres, originaux et extravagants". Chaque page de l'ouvrage présente une invention insolite, à la fois drôle, inutile et amusante. Un véritable bazar de l'inutile, illustré avec des photos et des textes de présentation. Ainsi, du parapluie pour chaussures aux pantoufles à plumeaux pour chats, en passant par le masque à gaz à fermeture éclair, la poignée de métro, le feu rouge portable ou encore le journal en vinyle ou les lunettes bidirectionnelles, toutes les inventions cocasses ont été répertoriées par Kenji Kawakami.
Totalement loufoques, ces inventions sont à la croisée de l'art pseudo-conceptuel, de l'amélioration d'un quotidien trop morne et des jeux bon enfant qui passent par la tête de ces inventeurs nippons passablement fous. Un ouvrage fort amusant. Florent Mazzoleni
![]()
Présentation de l'éditeur
C'est en utilisant une pierre pour taper sur un mammouth que le singe est devenu homme. Puis il y rajouta un manche, une poignée, une pointe en carbure de tungstène et un contrepoids réglable ergonomique, entrant ainsi dans l'ère moderne. Les progrès de notre civilisation se mesurent donc à l'étendue et la variété du rayon bricolage du B.H.V. Seulement voilà, même en cette fin de siècle nos outils conservent un archaïsme intrinsèque : ils sont utiles ! Alors, pour sortir définitivement du moyen âge et poser les bases d'une civilisation nouvelle, un groupe de japonais a inventé le Chindogu, littéralement "outil bizarre", la technologie au service de l'inutile, l'art pour l'art en quelque sorte...
Les Chindogu sont des inventions qui à première vue devraient énormément simplifier la vie quotidienne, mais n'en font rien ! Le premier commandement de la charte du Chindogu l'oblige à être inutile tout en apportant une solution à un problème donné. Cela nous donne le téléphone-haltère, le refroidisseur de pâté pour chat, le compteur de bouchées, le parapluie à chaussure ou la cravate-portefeuille.
101 inventions japonaises inutiles et farfelues présente toutes ces petites merveilles d'humour et de technologie car, pour exister, le Chindogu doit impérativement avoir été fabriqué quel qu'en soient le prix et la complexité. C'est cette réalité qui distingue le Chindogu du célèbre "Catalogue des objets introuvables" de Carelman. L'absurde et l'imagination de tous ces objets permettra de découvrir un art surréaliste, drôle et cynique, qui, à n'en pas douter, fera des adeptes aux quatre coins de l'occident. A quand le capteur de pression pour camembert ou la fourchette-télécomande ?
Source: http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2869677472/lapagedekaris-21
21:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Livre, Inventions, Japon, Farfelues, Chindogu, Loufoques
17.07.2006
Yukio Mishima
Né le 14 janvier 1925 à Tokyo, Yukio Mishima, dont le véritable nom est Kimitake Hiraoka, est issu d'une famille de paysans.
A partir de l'âge de deux mois, il est pris en charge par sa grand-mère, Natsu, qui elle est issue d'une ancienne lignée de samouraïs. Dès cet instant, Mishima vivra en quasi permanence avec sa grand-mère. Ses contacts avec l'extérieur seront réduits au minimum jusqu'à l'âge de 12 ans...
A l'âge de 5 ans, le petit Kimitake sait lire et écrire et commence déjà à composer ses premières poésies.
En Avril 1931, Mishima réussit sans difficultés l'examen d'entrée à l'école primaire. Ses premières années seront plutôt difficiles. L'enfant est décrit comme fragile, efféminé, et ne participe à aucune sortie ou autre activité de sa classe par interdiction de sa trop opssessive grand-mère.
![]()
En Mars 1937, le jeune Kimitake a alors 12 ans. Natsu accepte enfin de rendre l'enfant à ses parents du fait de ses problèmes de santé. Elle mourra d'ailleurs en janvier 1939.
Aussitôt, Mishima cherche à prendre des contacts. Il entre dans un club littéraire scolaire en Avril 1937, et acquiert très vite une réputation tant auprès de ses camarades qu'auprès de ses professeurs. C'est pris sur cette lancée que Mishima pourra dès 1941 éditer son premier roman "La forêt tout en fleurs" au sein du magazine "Shimizu". C'est à cette occasion qu'il choisit comme pseudonyme "Yukio Mishima".
En 1944, Mishima termine brillament ses études dans l'école "Gakushu-in" en tête de sa classe. Cette place lui vaut de recevoir son diplôme ainsi qu'une montre en argent des mains même de l'empereur. Cette rencontre marquera Mishima.
Il entre alors à l'Université Impériale de Tokyo pour étudier la loi allemande par volonté de son père qui estimait le métier d'écrivain comme déshonorant. Mishima se résigna à ce choix même s'il aurait préféré la littérature. A peine entré à l'Université, sa classe est entièrement mobilisée et affectée à une usine d'avions de guerre. Mishima se retrouve employé de bureau : il peut écrire !
En 1945, Mishima est convoqué pour être enrôlé dans l'armée. Il jouera la comédie afin d'être déclaré inapte. Il est réformé pour raison de santé (le médecin le croira tuberculeux). Cette même année, sa soeur Mitsuko mourra de la Typhoïde.
En 1946, Mishima rencontre Yasunari Kawabata qui devient son mentor. Les deux hommes s'apprécient et Kawabata fera beaucoup pour lancer la carrière de Mishima. En particulier, il permettra à Mishima d'éditer ses oeuvres dans le magazine littéraire "Ningen".
Après avoir passé le plus haut examen d'administration de l'Université, ainsi que le souhaitait son père, Mishima est proposé fin 1948 pour un poste au ministère des finances. Mishima n'y restera que 9 mois, choisissant de devenir écrivain à plein temps.
En 1949, "Confessions d'un Masque" est publié et remporte immédiatement un franc succès. Après cette auto analyse psychologique, Mishima souhaite entamer une thérapie auprès d'un psychiatre. Après deux rendez-vous, il laissera cette idée de coté.
A partir de 1950, Mishima fréquente des bars homosexuels, sous le prétexte de préparer "les amours interdites".
En 1951, Mishima obtient une autoristation spéciale qui va lui permettre de voyager à l'étranger.
De 1952 à 1958, Mishima écrit beaucoup, surtout de courtes histoires ou des nouvelles. Paralèllement, il aura une aventure homosexuelle de longue durée et une relation brève avec une femme, Eiko. A partir de 1953, il se met à la boxe et... perd presque tous ses matches ! Il commence à se soucier de son corps et choisit de suivre un régime qu'il tiendra jusqu'à sa mort.
En 1958, Yukio Mishima se marie avec Yoko Sugiyama, la fille d'un peintre traditionnel renommé de l'époque. Il commence la même année la pratique du Kendo.
De ce mariage, Mishima aura deux enfants : une fille, Noriko, née en juin 1959, et un fils, Lichiro, venu au monde en Mai 1962. De nombreux témoignages décriront Mishima comme un père attentif.
Dès 1966, Mishima commence à exprimer publiquement son attachement au japon traditionnel, et donc au nationalisme. Il écrit d'ailleurs à cette période plusieurs ouvrages sur ce thème, dont "Patriotisme". La parution de cet ouvrage vaudra quelques mouvements d'opposition. L'écrivain Kenzaburo Oe s'opposera à la vision de Mishima en écrivant lui-même "17", un livre prônant une position radicalement opposée à celle de Mishima. Mishima apprécie ce genre d'opposition car il aime la provocation. Il n'hésitera pas d'ailleurs à visiter dans leur propre fief les étudiants communistes de l'université de Tokyo quelques années plus tard.
En 1967, Mishima s'engage dans les "Forces d'Autodéfense du Japon" (JSDF) afin de se rapprocher du style de vie "samouraï" qu'il prône dans ses écrits.
En 1968, il prolonge son action en fondant la "Société du bouclier", sorte de milice privée qu'il voue à la protection de l'empereur. Cette milice est principalement constituée de jeunes hommes recrutés au sein de la JSDF. Au sein de cette société, Mishima applique pleinement sa philosophie. Pour illustration, voici quel serment devaient prêter ses membres:
"Nous jurons dans l'esprit des vrais hommes de Yamato
de nous lever l'épée à la main
contre toute menace portant à notre culture ou à notre patrimoine."
Le 17 octobre 1968, Kawabata reçoit le prix nobel de littérature, tant convoité par Mishima.
A partir de la fin 69, Mishima commence à préparer sa fin. A l'image du Samouraï qui ne doit laisser rien derrière lui, Mishima organise tout, répartit ses droits d'auteur au sein de sa famille, et fait discrètement le tour de tous ses amis.
En Août, il termine le dernier tome de son oeuvre lajeure, la "Mer de la fertilité" : "L'ange en décomposition". Il le conservera pour ne le délivrer à son éditeur que le jour de son Seppuku. Tout est prêt.
Le matin du 25 Novembre 1970, Yukio Mishima, accompagné de 4 membres de la Société du bouclier pénètrent à Ichigaya, le quartier général des forces d'autodéfense et prennent en otage le chef de corps. Fort de cet otage, Mishima réclame l'écoute des militaires de la base, ainsi que de journalistes spécialement convoqués. Il prononce alors un dernier discours réclamant la mobilistation des forces en présence pour la restauration du Japon traditionnel. Devant les huées de protestation, il écourtera celui-ci.
Une fois ce discours prononcé, Mishima se retire et effectue Seppuku. Il est environ 12h10.
Yukio Mishima a unit la plume et le sabre,
et, tel la fleur de cerisier, quitte le monde au sommet de sa gloire.
Cette excellente biographie provient de ce non moins excellent site: http://fabien.osmont.free.fr/mishima/mishfram.htm où vous pourrez parcourir des extraits de textes de Mishima.
Bonne lecture...
21:16 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Mishima, écrivain, seppuku, livre, Japon

